Le souk est peint comme une architecture de couleurs. Les cônes d’épices, les paniers et les étals structurent le champ visuel à la manière de volumes bâtis, tandis que la lumière descend, tamisée, des claustras et des toiles tendues. El Madani s’attache moins au pittoresque qu’au métier : la mesure, le geste répété, la relation ancienne entre le marchand et la matière. Les pigments de la toile entrent en résonance avec ceux du commerce, jusqu’à la confusion. L’œuvre témoigne d’un patrimoine vivant, encore en usage, que la peinture consigne sans le figer.